Pendant mes grossesses, ma principale préoccupation était de protéger mon bébé.
Il y a tellement de choses auxquelles il faut faire attention quand on est enceinte, et de nombreuses interdictions : pas d’alcool, pas de tabac, pas de poisson cru, pas trop de sport, pas trop de stress, pas trop de voiture…
Bref, lors de ma première grossesse, j’ai réalisé que notre corps ne nous appartient pas vraiment pendant ces neuf mois.
Si l’on pense souvent en premier à adopter une alimentation bio, ce n’est pas suffisant. Après de nombreuses recherches, j’ai compris que limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens était essentiel, dès le début de la grossesse. L’idéal est même de commencer lors du projet de conception.
Mais pourquoi faut-il éviter les perturbateurs endocriniens, particulièrement pendant la grossesse ? Ces substances chimiques, invisibles mais omniprésentes, se cachent dans notre environnement quotidien. Elles peuvent interférer avec notre système hormonal et affecter le développement du fœtus.
Des études ont montré que l’exposition aux perturbateurs endocriniens pouvait entraîner des retards dans le développement des enfants. Ces effets ne sont pas visibles à la naissance, mais apparaissent plus tard, par exemple lors de l’acquisition du langage.
Consciente de ces dangers, j’ai pris de nombreuses précautions pour minimiser leur impact lors de mes deux grossesses. Dans cet article, je vais partager les stratégies et astuces pratiques qui m’ont permis de traverser cette période en toute sérénité.
Sommaire
Comprendre les perturbateurs endocriniens
Quand on parle de perturbateurs endocriniens, ça peut vite sembler compliqué, mais pas de panique, je vais expliquer simplement.
Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques qui viennent perturber notre système hormonal. En gros, ils peuvent imiter, bloquer ou altérer nos hormones naturelles, ce qui peut créer un déséquilibre dans notre corps.
Pendant la grossesse, c’est encore plus important d’y faire attention. Les hormones jouent un rôle crucial dans le développement du bébé, et un déséquilibre peut avoir des conséquences à long terme, tant pour toi que pour ton enfant.
Par exemple, certaines études montrent que l’exposition à ces substances pourrait être liée à des problèmes de développement du cerveau ou à des troubles hormonaux chez l’enfant.
Je préfère me privé et faire attention 9 mois de ma vie pour offrir le meilleur capitale santé à mes enfants.
Maintenant, tu te demande sûrement où on trouve ces perturbateurs endocriniens ? Malheureusement, ils sont un peu partout : dans les produits de consommation courante, l’alimentation, et même dans notre environnement. On parle ici de choses aussi variées que les plastiques (qui contiennent souvent du bisphénol A), certains cosmétiques (chargés de phtalates et de parabènes), ou encore les pesticides présents dans les fruits et légumes non bio.
Ils se cachent aussi bien dans ta coque de téléphone que dans tes tomates! Dur d’y échapper à 100% durant ta grossesse.
Bref, ils se cachent dans beaucoup de choses du quotidien, mais rassure-toi, il est tout à fait possible de réduire son exposition en faisant des choix plus éclairés.
Précautions au niveau de l’alimentation
L’alimentation est l’un des domaines les plus faciles à ajuster pour réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens durant la grossesse. Voici des précautions simples et rapides à mettre en place dès le début de la grossesse.
1 – Consommation de produits Bio et locaux
Je t’encourage vivement, si ce n’est pas déjà fait de privilégié les produits bio et locaux autant que possible.
Pourquoi ?
Parce qu’ils sont exempts de pesticides et d’autres contaminants chimiques. Les pesticides sont parmi les perturbateurs endocriniens les plus courants, et choisir du bio est une façon efficace de les éviter.
En plus, en achetant local, on soutient les producteurs près de chez nous et on a des aliments plus frais, ce qui est un bonus pour la santé. Si tu veux découvrir 4 raisons pour changer tes habitudes de consommation c’est par ici.
2 – Éviter les conserves et les aliments emballer dans du plastique
Le conditionnement des produits alimentaires est une source majeure d’exposition au bisphénol A (BPA).
En 2013, l’anses a publié une enquête qui identifie deux principales sources de BPA, décomposées comme suit :
- Les produits conditionnés en boîtes de conserve représentent environ 50 % de l’exposition, répartis de cette manière:
- 35 à 45 % pour les légumes ;
- 10 à 15 % pour les plats composés et produits à base de viande et de poisson.
- Certains aliments d’origine animale :
- Environ 17 % pour les viandes, abats, et charcuterie.
Considérant la mise en évidence de situations à risque pour l’enfant à naître des femmes enceintes exposées au BPA, l’Anses recommande : De réduire les expositions via le relargage du BPA à partir des matériaux en contact des aliments, en particulier le revêtement intérieur à base de résine epoxy de certaines boîtes de conserve, qui constituent le principal vecteur de l’exposition par voie alimentaire ainsi que les bonbonnes en polycarbonate ;
Pour cette raison, j’ai pris l’habitude de limiter au maximum les aliments emballés dans du plastique, y compris l’eau contenue dans les bonbonnes ou dans les bouteilles en plastique. Pour savoir comment éviter les bouteilles d’eau en plastique, c’est par ici.
Le verre et l’inox restent les meilleures alternatives. J’ai donc remplacé les conserves par des bocaux en verre et troqué mes boîtes en plastique contre celles en verre. Et bien sûr, je m’assure de ne rien réchauffer dans du plastique.
C’est une petite habitude qui fait une grande différence, surtout pour bébé.
3 – Limiter les poissons riches en mercure
En ce qui concerne les poissons, j’ai fait attention à ceux que je choisissais. Certains poissons comme le thon, l’espadon ou le requin peuvent contenir des niveaux élevés de mercure, un métal lourd qui peut également agir comme perturbateur endocrinien.

J’ai préféré consommer des poissons plus petits comme la sardine ou le maquereau, qui sont moins contaminés et offrent de bons acides gras oméga-3, bénéfiques pour le bébé.
Bien sûr, limiter sa consommation de poisson à ces deux espèces et aux crustacés est assez restrictif, mais c’est pour le bien de bébé. Et évidemment, aucun poisson cru !
4 – Éviter les poêles en téflon
Enfin, depuis quelques années, nous avons remplacé nos poêles en téflon par des options plus sûres comme l’inox.
Le téflon peut libérer des substances chimiques (les PFOA) à haute température, qui sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Mieux vaut donc cuisiner sans risque avec des matériaux sains.
Cuisiner avec des poêles en inox demande un peu d’habitude, mais après quelques plats un peu cramés, on prend vite le coup de main !
Il est vrai que remplacer toutes ses poêles peut représenter un budget conséquent. Si tu n’as pas le budget ou l’envie de tout changer d’un coup, commence par remplacer une seule poêle. Elle te servira à cuisiner la majorité de tes plats.
Adapter les produits pour prendre soin de soi
Pendant mes grossesses, j’ai revu de fond en comble ma routine de soins pour éviter autant que possible les perturbateurs endocriniens. Voici les changements que j’ai apportés pour prendre soin de moi tout en protégeant mon bébé.
1 – Sélectionner des produits sans parabènes et phtalates
La première chose que j’ai faite a été de passer au crible tous mes produits de soins et cosmétiques. J’ai choisi des produits naturels, certifiés sans parabènes, phtalates, et autres perturbateurs endocriniens. J’ai ainsi réduit ma routine beauté à quelques produits bruts, pour éviter tout doute.
- Beurre de karité bio : Je l’utilisais quotidiennement pour masser mon ventre et éviter les vergetures. C’était une solution efficace, car je n’ai eu aucune vergeture durant mes deux grossesses.
- Huile d’amande douce : Parfaite pour hydrater mon visage naturellement.
- Dentifrice solide : J’ai opté pour le dentifrice solide Crystal de Pachamamaï, qui est exempt de produits chimiques douteux.
- Savon et shampoing solide : Des alternatives naturelles aux produits classiques qui contiennent souvent des ingrédients indésirables.
- Déodorant : Le bicarbonate alimentaire très fin a remplacé les déodorants conventionnels, efficace et sans risque.
2 – Changer de routine beauté
J’ai également décidé de ne plus utiliser de vernis à ongles pendant mes grossesses. Les vernis conventionnels contiennent souvent des solvants et d’autres substances chimiques potentiellement nocives, alors j’ai préféré m’en passer.
De même, j’ai arrêté d’utiliser du parfum, me tournant vers des options plus naturelles.
J’ai aussi modifié mes habitudes capillaires en me rendant chez un coiffeur naturel. Plus de mèches ni de colorations, seulement des soins capillaires doux et une bonne coupe de cheveux.
Cela m’a permis de continuer à prendre soin de moi, sans m’exposer à des produits chimiques agressifs.
Concernant les produits de maquillage, j’avais déjà opté pour des versions bio, mais durant ma grossesse, j’ai réduit leur utilisation pour minimiser les risques.
Ces ajustements m’ont offert une tranquillité d’esprit, sachant que je faisais de mon mieux pour protéger mon bébé tout en me chouchoutant.
Chasser les perturbateurs dans sa maison
Pour minimiser l’exposition aux perturbateurs endocriniens pendant ma grossesse, j’ai également apporté quelques changements à la maison. J’ai fait la chasse aux derniers produits ménagers toxiques que nous avions.
1 – Éviter les produit d’entretien classique
Les produits d’entretien classiques sont souvent bourrés de substances chimiques potentiellement dangereuses, dont certains perturbateurs endocriniens. Tu pourrais me dire que ces produits ne sont utilisés qu’occasionnellement, mais même une utilisation brève contribue à la pollution intérieure de notre maison. Pulvériser un produit sur une surface pendant une seconde suffit à libérer des substances chimiques dans l’air.
Pendant la grossesse, pour éviter au maximum les perturbateurs endocriniens, il est fortement recommandé de passer à des produits moins nocifs. Voici ce que j’ai utilisé :
- Bicarbonate de soude : Un excellent abrasif naturel pour le nettoyage.
- Vinaigre blanc : Idéal pour détartrer et désinfecter.
- Savon noir : Parfait pour nettoyer en profondeur tout en restant doux pour la peau.
- Savon de Marseille : Un classique pour laver et dégraisser naturellement.

Ces alternatives sont simples, efficaces, et beaucoup plus sûres pour la santé de la maman et du bébé.
2 – Améliorer la qualité de l’air intérieur
Au quotidien, l’air intérieur de nos maisons est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur. Cela est principalement dû aux composés organiques volatils, les fameux COV.
Les COV proviennent de nombreuses sources dans la maison, y compris les peintures, les colles, les meubles, et certains produits de nettoyage. Si tu veux en savoir plus sur ce sujet, j’ai écris un articles sur 4 Produits à Bannir pour Préserver ta Santé
Pendant ma grossesse, j’ai fait particulièrement attention à ne pas acheter de meubles en mélaminé neufs. L’arrivée d’un bébé nous pousse souvent à acheter du mobilier neuf, mais c’est une grave erreur. Les meubles, même ceux spécialement conçus pour les bébés, sont souvent gorgés de COV.

En 2009, une étude de l’ASEF (Association Santé Environnement France) a démontré la dangerosité des lits pour bébés. Les lits testés ont révélé, à eux seuls, un taux de formaldéhyde égal à un quart de la limite fixée.
Ces émanations ne sont pas seulement nocives pendant le sommeil du bébé, mais elles peuvent également affecter la santé de la maman pendant la grossesse, notamment lors du déballage et du montage du meuble. Aérer la pièce pendant une journée ne suffit pas à éliminer ces polluants.
Pour notre part, nous avons opté pour un couffin durant les quatre premiers mois de nos enfants, puis un matelas au sol, éliminant ainsi tout risque de perturbateurs endocriniens liés au mobilier. Quant à la table à langer, nous l’avons fabriquée nous-mêmes en bricolant des meubles que nous avions déjà.
Cela nous a permis de créer un environnement sûr et sain, sans compromis pour la santé de notre famille.
Conclusion
Protéger son bébé des perturbateurs endocriniens pendant la grossesse peut sembler compliqué, surtout avec toutes les restrictions déjà en place durant cette période. J’espère que les exemples simples et concrets que j’ai partagés t’aideront à réduire ton exposition facilement.
Ces neuf mois sont une période précieuse où chaque choix que nous faisons a un impact direct sur la santé et le développement de notre futur bébé.
J’ai fait de mon mieux pour créer un environnement sain et sécuritaire, et bien que cela demande des efforts, la sérénité que cela m’a apportée en valait largement la peine.
N’oublions pas que ces bonnes habitudes peuvent aussi être bénéfiques après la naissance, pour toute la famille.
Alors, pourquoi ne pas continuer à les appliquer au quotidien ?
Après tout, prendre soin de son environnement, c’est aussi prendre soin de soi et des siens pour les années à venir.