En tant que parents, nous avons fait le choix délibéré de ne pas publier de photos de nos enfants sur les réseaux sociaux. Sur ce blog, tu ne trouveras aucune photo de nos enfants qui puisse les identifier. C’est la principale raison pour laquelle nous utilisons des avatars sur leurs têtes.
Lorsque je parles de photos ou vidéos, je fais référence aussi à toutes les données relatives à la vie privée de nos enfants. Leur date de naissance, leur lieu de vie, leur lieu de scolarisation, leurs habitudes de vie, etc.
En tant que parents, nous sommes légalement responsables de l’image de nos enfants. Notre rôle principal est d’être garants de leur sécurité et des décisions concernant leur vie privée. Cela inclut la publication de photos de nos enfants sur les réseaux sociaux et la gestion de leur présence en ligne. En publiant des photos d’enfants , les parents peuvent influencer l’image publique de leur enfant, ainsi que sa réputation et son identité numériques à long terme.
Il y a une grande méconnaissance des impacts et des responsabilités liés à cette pratique. Ce geste parfois quotidien peut sembler anodin pour beaucoup de parents.
Publier des photos de nos enfants semble la norme depuis quelques années en France. Mais cette démocratisation n’enlève en rien les dangers lié à cette pratique.
1 – Quels sont les risques ?
Les prédateurs en ligne
Le premier risque majeur est de mettre son enfant en danger. De nombreux prédateurs circulent sur internet et cherchent leur proie sur les réseaux sociaux. Une simple image avec un lieu reconnaissable et le prénom de l’enfant suffit à le localiser et à en faire une proie facile.
Tu penses peut-être que ton compte est « privé » et que tu as tout verrouillé. Le problème, c’est que tes « amis » n’ont pas nécessairement fait cette démarche. Si eux partagent la photo, alors le monde entier peut la voir.
Le vol d’identité
Il est très facile de voler l’identité d’une personne en divulguant son nom, son adresse et sa date de naissance. Ces données sont une mine d’informations pour des personnes désireuses de voler une identité à des fins frauduleuses. Une fois adulte, l’enfant pourrait être inquiété par des problèmes financiers ou juridiques dont il n’est pas l’auteur.

De plus, avec la généralisation des logiciels d’intelligence artificielle, il est très facile, à partir d’une photo, d’en générer une autre très réaliste. De nombreux cas sont déjà recensés, comme la modification de jeunes filles en photo d’elles dénudées à des fins pornographique, dans le but de réclamer une rançon.
Conséquences psychologiques
Le fait de partager la vie de son enfant en ligne peut avoir des conséquences graves. Avoir toute sa vie, de sa naissance à sa majorité, sur les réseaux sans son consentement peut nuire à la construction de son identité. L’enfant peut être confus entre la réalité et sa vie exposée sur les réseaux. Il aura du mal à faire la part des choses entre son image privée et publique, car toute sa vie privée sera déjà rendue publique.
Publier des photos de vos enfants régulièrement et diffuser des informations privées peut générer des problèmes de confiance et d’intimité. Comment peut-il créer son intimité si ses parents capturent chaque moment pour les mettre sur les réseaux ?
En plus des publications, il y a les commentaires qui y sont associés. Ceux-ci peuvent être blessants, moqueurs ou malveillants.
2 – La permanence des données en ligne
Accessibilité permanente des données
Si tu as peur et que tu souhaites supprimer toutes traces des données de tes enfants, c’est une bonne initiative, mais cela ne sera pas suffisant. La suppression des données en ligne n’est jamais totale. Elles restent accessibles même après la suppression. Les réseaux sociaux n’ont pas été créés en pensant à la suppression des données, car c’est leur gagne-pain.
Ils ont mis en place des moyens de supprimer certaines données, mais ils ne peuvent pas le faire totalement. En effet, avec les partages effectués par d’autres utilisateurs et encore d’autres utilisateurs, les réseaux sociaux ne peuvent garantir une suppression totale.
Il est important de savoir que chaque donnée mise en ligne reste en ligne.
De plus, nous n’avons pas de contrôle si d’autres personnes de notre entourage publient des photos de nos enfants. Il faut donc sensibiliser toutes les personnes prenant en photos nos enfants pour que ces photos restent privées et ne soient pas publiées sur internet.
Impact sur la réputation future
Le fait que ces données restent accessibles peut nuire à la réputation de nos enfants, notamment dans leur vie professionnelle, où la première chose qu’un recruteur fait est de taper son nom et prénom sur internet pour voir à qui il a affaire. Si ces personnes ont accès à des données et des photos compromettantes ou embarrassantes sans le contexte associé, leur perception de lui sera influencée.
Il en va de même pour les grandes écoles et d’autres institutions.
3 – Alternatives et bonnes pratiques
Quelles alternatives pour partager quand même des photos de ses enfants à ses proches en garantissant leur sécurité ?
Limiter le partage
Dans un premier temps, il faut réduire le nombre de photo et vidéo partagés. Nous possédons une quantité astronomique de données sur nos enfants que nos parents n’ont jamais eu. Je me souviens des album de famille où toute ma jeunesse était contenu dans seulement 4 albums. Mes parents possédaient très peu de vidéo et uniquement des évènements marquant. L’écart en une seule génération est énorme !
Une fois que l’on a réduit la quantité de photo nous devons aussi penser à réduire le nombre de personne à qui l’on partage. Garde le cercle restreint.
Utiliser d’autres moyens pour partager des photos
Une fois le cercle restreint, il existe plusieurs moyens de partager des photos.
Le premier est de faire « comme avant » : imprimer les photos et les envoyer/donner à nos proches. Cela contraint à moins partager et à moins réagir à l’instant T : « Oh mon enfant a fait ça ! Vite, j’envoie la photo ! » Lorsque l’on imprime la photo, on a plus de temps pour se demander si vraiment elle est pertinente à partager ou pas.
Inconvénients : lenteur du partage, coût de l’impression et de l’envoi, pas de possibilité de partager des vidéos.
Avantages : très sécurisé, temps de réflexion plus long sur la photo que l’on partage, filtre mieux les données envoyées, partage de la photo par d’autres personnes sur les réseaux sociaux très faible.

Deuxième moyen : la messagerie privée. Les messageries privées permettent d’envoyer des photos de manière privée et sécurisée. On peut créer des groupes pour que le partage soit encore plus facile.
Il faut néanmoins bien choisir sa plateforme. Je te déconseille WhatsApp, qui fait partie du groupe META (Instagram, Facebook) et reste une entreprise basée sur les réseaux sociaux. Il vaut mieux se tourner vers des applications telles que Signal ou Telegram.
Inconvénients : être dépendant du smartphone et donc que tout ceux à qui nous voulons partager les photos en aient un.
Avantages : sécurisé, rapidité de l’envoi, partage de la photo par d’autres personnes sur les réseaux sociaux faible.
Dernier moyen : les plateformes de partage en ligne privé. Je n’ai pas testé ces plateformes telles que Google Photos, Cluster ou **FamilyAlbum.**
Elles ont pour certaines été créées spécialement pour répondre à ce besoin de partager des photos de manière sécurisée. L’inconvénient reste le prix de certaines options proposées.
Être pédagogue
Il faut informer et sensibiliser nos proches des dangers qui entourent le fait de publier des photos de nos enfants sur les réseaux sociaux. La plupart du temps, c’est une méconnaissance du sujet qui amène ces comportements dangereux. N’hésite pas à aborder ce sujet avec tes proches. Certains comprendront rapidement et d’autres seront plus réticents. Impose tes conditions pour le bien-être de tes enfants.
Une fois en âge de comprendre, il faut aussi prévenir tes enfants des dangers des réseaux sociaux et du partage de leurs données privées. Il ne faut pas qu’ils hésitent à venir te voir s’ils ont le moindre doute sur le sujet.
Conclusion
Ne pas publier de photos de nos enfants sur les réseaux sociaux a été une décision facile pour nous. Nous n’étions pas habitué à publier notre vie personnelle sur les réseaux avant d’avoir des enfants. Nous connaissions déjà les problématiques lié à cette pratique pour les adultes (recherche d’emplois, vol d’identité,…).
Si tu souhaites aller plus loin dans cette démarche et limiter l’omniprésence des écrans dans ton quotidien, voici Noël sans écrans : astuces pour éviter les tensions, un guide pour profiter des fêtes en toute sérénité.
Et pour les tout-petits, découvre Bébé sans écrans : de la grossesse à 3 mois, un article qui propose des alternatives d’éveil adaptées aux nourrissons.
Si nous même sommes convaincu il reste à éduquer nos proches sur les dangers des publications sur les réseaux sociaux. Cela n’a pas été facile de faire comprendre à nos proches cette pratique. Mais une fois le cadre posé et expliqué ils ont respectés notre choix.
Des dérives existent, venu principalement du modèle américain où des parents profitent de leurs enfants pour gagner de l’argent sur les réseaux sociaux. L’évolution de ces pratiques est tellement rapide qu’elles ne sont pas encore encadrée par la loi comme le mannequinat ou le métier d’acteur pour enfant.
Sur les réseaux sociaux, aucune règle n’est encore définie. Il ne faut pas attendre que les drames s’accumulent pour agir. Les enfants sont des proies faciles. Voici une vidéo qui résumé très bien la situation.
Je te recommande le livre “Les enfants sont rois” de Delphine de Vigan qu’on m’a offert à la naissance de mon premier enfant. Ce roman ouvre les yeux sur le sujet à travers des personnages attachants suivis sur plusieurs années.
Si tu veux aller plus loin, voici comment limiter son temps d’écran chez soi en 6 étapes.
N’hésite pas à laisser un commentaire pour savoir si tu as déjà partager des photos de tes enfants en ligne.

