JEUNES PARENTS : JONGLER ENTRE SALARIAT ET PARENTALITÉ

par Laura
Publié: Dernière mise à jour le
Pc et téléphone pro

Ça y est, bébé est né et il faut reprendre le travail.

À ce moment-là, on se rend compte que la vie au travail ne sera plus comme avant.

On se prépare toujours pour l’arrivée d’un enfant : couffin, transat, couches. Mais qui va gérer tout le reste quand vous travaillez tous les deux ?

Qui dépose bébé à la crèche le matin ? Qui le récupère le soir ? Qui prépare le repas en rentrant ? Qui fait le bain ? Qui pense aux couches à racheter ? Qui gère les rendez-vous médicaux ?

Si tu as répondu « moi » à presque tout, le problème n’est pas ton travail.

C’est que tu portes tout.

Et tu peux quitter ton job, devenir parent au foyer, réduire ton temps de travail. Si la répartition ne change pas, tu seras toujours épuisée.

1 – Les défis lors du retour au travail

Après quelques semaines de « pause » salariale, c’est le jour de la reprise. Il faut se remettre dans le bain des réunions et des contraintes horaires rapidement.

Certains parents attendent ce moment avec impatience car ils veulent sortir du rythme couches-dodo-biberons. Mais pour d’autres, c’est la grosse déprime.

En reprenant le chemin du travail, on pense retrouver notre vie « normale ». Et bien non. Rien ne sera comme avant.

Nous avons moins d’énergie à consacrer au travail, épuisés par les courtes nuits. Moins l’envie d’y aller. Nous sommes stressés par les horaires, il faut toujours partir à l’heure en fin de journée et refuser la dernière réunion. Ou refuser la proposition d’aller boire un verre entre collègues.

Qu’on le veuille ou non, nos priorités professionnelles changent à l’arrivée d’un enfant. Et souvent le comportement de nos collègues change, surtout quand on part maintenant à l’heure.

C’est pourquoi, pour de nombreux parents, le retour au travail crée un électrochoc pour un changement de vie professionnelle. Car pour beaucoup, le salariat ne semble pas compatible avec la parentalité.

Des années en arrière, le changement était à peine perceptible car les rôles étaient bien définis : papa était au travail et n’avait même pas un jour de congé parental, et maman restait au foyer pour s’occuper des enfants.

Mais de nos jours, à l’arrivée d’un bébé, les deux parents travaillent. Il faut donc se répartir la charge et l’organisation.

C’est là que le casse-tête commence.

2 – Le vrai problème : qui fait QUOI à la maison ?

Plusieurs cas de figure peuvent apparaître. Le premier étant que les deux parents veulent garder leur emploi salarié.

Et là, les questions arrivent. Qui dépose bébé le matin à la crèche ? Qui va le chercher le soir ? Qui fait le bain ? Qui prépare le repas ? Qui gère le linge ? Qui pense aux courses ?

Et devine qui va « naturellement » tout faire ?

Maman.

Pourquoi c’est toujours maman qui s’adapte ?

Les raisons qu’on te donne :

« Papa gagne plus. » Donc économiquement, c’est « logique » que maman réduise.

« C’est plus normal que maman s’occupe des enfants. » Pression sociale et stéréotypes de genre.

« Maman a un emploi moins stable. » CDD, intérim, contrat précaire.

Les chiffres sont sans appel :

Six fois plus de mères que de pères ayant déjà eu un emploi sont sans emploi ou à temps partiel en raison de leur(s) enfant(s) (2024)

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/larticulation-entre-vies-familiale-et

Traduction : dans 6 couples sur 7, c’est maman qui sacrifie sa carrière.

Le piège dans lequel tombent 80% des couples

Scénario classique : maman réduit son temps de travail (80%, 50%, ou arrête), papa continue à temps plein.

Résultat : maman gère bébé plus maison plus travail à temps partiel, papa gère son travail à temps plein.

Maman cumule 2 jobs. Papa, 1 seul.

Et 3 ans plus tard : maman est épuisée, en burn-out. Maman a perdu son évolution de carrière. Maman dépend financièrement de papa. Le couple est en crise.

Le pire ? On a cru que « réduire le temps de travail » était la solution.

Mais le problème n’était pas le travail.

Le problème, c’était la répartition.

La vraie question à se poser

Avant de décider qui réduit son temps de travail, posez-vous cette question :

« Si on garde tous les deux notre temps plein, comment on répartit vraiment équitablement ? »

Exemple de répartition équitable (temps plein tous les deux)

Papa gère : dépôt crèche 3 matins par semaine, récupération crèche 2 soirs par semaine, bain et coucher ces 2 soirs, courses le samedi matin.

Maman gère : dépôt crèche 2 matins par semaine, récupération crèche 3 soirs par semaine, bain et coucher ces 3 soirs, linge et vêtements.

Résultat : charge équilibrée, aucun des deux ne sacrifie sa carrière, aucun des deux n’est épuisé.

Si après avoir réparti équitablement, vous trouvez que c’est trop, alors oui, quelqu’un peut réduire.

Mais dans ce cas, discutez ensemble de qui réduit (pas automatiquement maman), continuez à répartir les tâches même à temps partiel (ce n’est pas 100-0), et anticipez l’impact financier et sur la carrière.

Le choix ne doit pas être uniquement basé sur « papa gagne plus ». Parce que si maman réduit, elle gagnera encore moins après, creusant l’écart. Et elle portera 90% de la charge mentale familiale.

3 – Les vraies solutions pour jongler salariat et parentalité

Avant de parler de réduire ou quitter ton job, parlons de répartition.

Parce que 90% des couples épuisés n’ont jamais essayé de répartir équitablement. Ils ont directement sauté à « maman réduit son temps ».

Et ils ont aggravé le problème.

Solution 1 : Répartir équitablement avant de réduire

Avant de changer quoi que ce soit au travail :

Listez toutes les tâches. Dépôt et récupération crèche, bain, repas, coucher, courses, cuisine, linge, rendez-vous médicaux, administratif, charge mentale (penser à tout).

Répartissez 50-50. Ou 60-40 si l’un des deux est déjà à temps partiel.

Testez 1 mois.

Évaluez. C’est gérable tous les deux à temps plein ? Continuez. C’est trop ? Alors discutez qui réduit.

Solution 2 : Temps partiel avec répartition maintenue

Si vous décidez qu’un des deux réduit son temps, voici la règle critique : temps partiel ne veut pas dire maman fait tout.

Ce qu’il ne faut pas faire : Maman à 80% (4 jours par semaine), maman gère 100% de la maison et 100% de bébé son jour off, papa à temps plein qui rentre et ne fait rien. Maman cumule 2 jobs.

Ce qu’il faut faire : Maman à 80%, répartition maintenue à 60-40. Maman gère 60% des tâches (bébé plus maison), papa gère 40% des tâches (bébé plus maison). Le jour off de maman est son temps à elle, pas un jour de corvées.

La réduction de temps n’est pas une autorisation pour l’autre parent de se désengager.

Solution 3 : Questionner le salariat pour les deux

Si après avoir réparti équitablement, vous trouvez que le salariat ne vous convient plus, questionnez-le pour les deux. Pas automatiquement « maman arrête ».

Les 2 réduisent. Exemple : 2 fois 80%. Impact financier partagé, charge parentale partagée.

Papa réduit, maman garde temps plein. Oui, c’est possible. Ça challenge les stéréotypes.

Reconversion professionnelle. Pour avoir plus de flexibilité. Mais en continuant à répartir équitablement.

Ce qui importe, ce n’est pas qui travaille combien. C’est que la répartition reste équitable.

Salariat et parentalité : La double charge mentale

Jongler entre salariat et parentalité, c’est déjà difficile.

Mais quand c’est toi qui gères aussi toute la maison, les rendez-vous, l’organisation, c’est l’épuisement garanti.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les femmes consacrent en moyenne 3h30 par jour aux tâches domestiques, les hommes 2h. Et ces chiffres ne tiennent pas compte de la charge mentale invisible : penser à tout, anticiper, organiser.

Si tu travailles à temps plein et que tu portes en plus toute la charge du foyer, tu cumules deux emplois. Et personne ne peut tenir sur la durée avec deux emplois.

Ce que j’ai appris après 2 enfants

Je vais être honnête avec toi.

L’erreur que j’ai faite : croire que réduire mon temps de travail résoudrait tout.

Le résultat : j’ai réduit. Mais je portais toujours toute la charge mentale. J’étais épuisée à 80%, autant qu’à temps plein.

Ce qui a vraiment changé les choses : répartir équitablement.

Pas « Monsieur aide ». Pas « Monsieur fait quand je demande ».

Monsieur a ses domaines. Je ne gère pas. Il gère.

C’est une différence fondamentale. « Aider » implique que c’est ton territoire et qu’il te rend service. « Gérer » implique que c’est sa responsabilité.

Quand Monsieur gère les courses, je ne vérifie pas le frigo avant, je ne fais pas la liste, je ne rappelle pas ce qui manque. C’est son domaine. Point.

Ça m’a libéré un espace mental énorme.

Les 3 choses à retenir

Répartir avant de réduire. Teste 1 mois de répartition équitable à temps plein. Si c’est trop après ça, discutez qui réduit.

Temps partiel ne veut pas dire tout faire. Si tu réduis, la répartition reste à 60-40 ou 70-30. Ton jour off n’est pas un jour de corvées.

Questionne les automatismes. « Maman gagne moins » ? Parce qu’elle a déjà réduit avant. « C’est normal que maman s’occupe » ? Non, c’est un stéréotype. « Papa a une carrière importante » ? La tienne aussi.

En résumé

L’arrivée d’un enfant bouleverse l’équilibre familial.

Mais le problème n’est pas ton travail.

Le problème, c’est la répartition.

Le salariat n’est pas incompatible avec la parentalité. Ce qui est incompatible, c’est le salariat plus porter toute la charge mentale familiale.

Répartis. Et tu verras que c’est possible.


Tu veux savoir où tu en es vraiment dans la répartition chez toi ? Fais le quiz « Quelle est ta part ? » (2 min) pour découvrir si tu es Porteuse, Équilibriste ou Partagée, et reçois des outils concrets pour rééquilibrer.

📌 Pour aller plus loin :

Laissez un message

* En utilisant ce formulaire, vous acceptez le stockage et le traitement de vos données par ce site Web.

Sur le même thème